I. Historique du Karaté :
Le karaté n'est pas l'œuvre d'un seul homme mais celle de plusieurs générations de maîtres et de disciples à travers une multitude d'école et de style qui conservent aujourd'hui toutes leurs caractéristiques.
1-Les origines traditionnelles du Karaté :
Vers le VI ème siècles en Inde, un moine nommé Bodhidharma créa la philosophie du zen et une méthode de défense à mains nues. Cette technique fut importée en Asie et se développa en Chine en se mêlant aux techniques locales de boxe chinoise. Elle ne présentait pas beaucoup de ressemblance avec le karaté actuel mais des aspects cérémonials ont été conservé comme le salut entre les pratiquants, en entrant dans le dojo et devant le portrait du maître. Ce sont des rituels qui rappellent le caractère religieux et la vie des monastères.
2-Genèse du karaté moderne :
Après son arrivée en Chine, cette méthode de défense s'implanta sur l'île d'Okinawa, principale île de l'archipel des Ruy-Kuy au sud du Japon. Cette île était l'endroit idéal d'échanges privilégiés entre le Japon et la Chine. D'ailleurs elle fut envahies deux fois : d'abord par les chinois puis par les japonais.
Au XV ème, la présence chinoise instaura une loi sur l'interdiction du port d'armes par peur d'une révolte. Dès lors les hommes s'intéressèrent aux anciennes techniques locales de combat sans armes.
En 1609, l'île redevint japonaise mais l'interdiction des armes fut maintenue. Ainsi, est né l'Okinawa-té (ancêtre du karaté actuel). C'est un mélange de kempo et de techniques locales.
A la fin du XIX ème siècle, Gichin Funakoshi étudiait l'Okinawa-té et fut le premier à l'introduire au Japon grâce à des démonstrations de cet art martial. Il conçut le karate-gi blanc et différencia le niveau des élèves par le système de grades inventé par le fondateur du Judo : J.Kano. C'est à cette époque que Funakoshi créa le terme karaté et pour le japoniser un peu plus, il ajouta le suffixe do. Karaté-do signifie la voie de la main vide.
Comme sa popularité grandissait, il fonda son dojo personnel appelé shotokan en 1936 à Tokyo.
II Evolution de la discipline :
1-Développement à travers le monde :
C'est au début du 20ème siècle que le karaté apparaîtra au grand jour par l'intermédiaire du maître Kase (9ème Dan), né au Japon en 1929.
Il y étudiera tout d'abord le Judo et l'Aïkido. Puis ensuite il connaîtra ses premiers entraînement de karaté dans la marine, dans des conditions très violentes, et s'entraînera ensuite dans le dojo de Yoshitaka Funakoshi, le fils de Gishin Funakoshi, le grand maître qui a su intégrer le karaté dans le Japon moderne. Cette formation première a forgé son style.
Quelques années plus tard, maître Kase devenu un combattant hors-pair, dirige les cours de combat de la J.K.A. (Japan Karaté Association, constitué en 1949 avec Funakoshi à sa tête) de l'université de Taikushoku.
Dans les années 60, il est chargé de la divulgation de sa discipline à travers le monde et visite des pays tels que l'Afrique du Sud, les Etats-Unis et l'Europe.
Les premiers championnats du monde en 1970 eurent lieu à Tokyo, date qui marqua l'essor du karaté sportif à l'échelle mondiale. C'est à cette occasion que fut créé la fédération internationale de karaté (WUKO, World Union of Karate Organizations).
2-Développement en France :
Le karaté fait son apparition en France vers 1950.
En 1954, se crée la Fédération Française de Karaté et boxe libre, et s'associera en 1960 à la toute puissante Fédération Française de Judo et de Disciplines Affinitaires (FFJDA). Les premiers championnats de France eurent lieu en 1961 uniquement pour les hommes, les femmes seulement à partir de 1982.
En 1966, une Union Française de Karaté (UKF), se crée mais toujours sous le contrôle de la FFJDA.
Puis en 1976, L'UKF décide de se séparer du Judo et se transforme en Fédération Française de Karaté et Arts Martiaux Affinitaires (FFKAMA).
A partir de 1967, le Karaté Français sera influencé par maître Kase. Il arrive en France sur l'initiative de maître Plée. Trois personnes l'accueillent à la Gare de Lyon à Paris : Henry Plée, un ami italien et Jean Pierre Lavorato, son élève le plus ancien.
Dès son arrivée, fidèle à son instinct de guerrier, qui ne s'est jamais atténué, il se confronte aux champions des différentes méthodes de combat. Le résultat est sans appel. Suivent cinq années d'entraînement dans le dojo du 34 rue de la Montagne Sainte Geneviève, creuset du karaté. En 1972, il enseigne au centre Daviel à Paris, dans le 13e arrondissement. Puis il ouvre en 1973 le dojo de la rue Kaguerre.
Puis en 1976, maître Kase prend ses distances avec toutes organisations. En 1986, il décide de fermer son dojo de Paris et de se consacrer exclusivement à enseigner son art dans le monde entier.